De retour a Zagreb. Rendu les clefs de la voiture, retrouvé ma piaule pas trop chère dans l'immeuble pas beau. Et surtout content de flâner de nouveau dans les rues de cette ville qui me plait décidément.
A n'importe quelle heure de la journée, il y a de l'animation, des gens aux terrasses, de la musique dans la rue. A se demander si ils bossent. Notez que comme je l'ai déjà évoqué, trouver du boulot ici pourrait faire une émission de télé réalité tant cela semble relever de l'exploit...
Je suis bien persuadé qu'un jour un politicien de chez nous nous servira une soupe du genre : " de quoi vous vous plaignez, regardez les Croates, 10 % de taux de chômage, ça les ferait rêver". Bon, j'exagère la, ce serait un peu comme dire que les medias feraient de la propagande a l'occasion d'une consultation nationale. Non, pas chez nous, c'est bon pour les pays de l'Est ce genre de procédés...
Ceci dit, halte la : mon verbiage dépasse largement le cadre du carnet de voyage, mais je suis d'humeur bavarde et je paye pas la connexion...
Donc Zagreb.
Quand je disais que les filles sont jolies ici, ce n'était que pour moitie de la provocation. De l'aveu même de Marina (soeur de Tina rencontrée a Toulouse), il règne ici une Fashion dictature. Ca donne par exemple un seul repas par jour (pour pas grossir) et des dépenses pour les fringues avant toute autre chose.
Alors dans la rue, c'est concours d'élégance : pantalons moulants, coiffures impeccables (inutile de dire que je sors du lot), chaussures classes (j'ai d'ailleurs craqué et ai fougueusement acquis une paire de nu-pieds du meilleur effet).
Je déconseille a ce titre formellement a Polo, aux deux Pierre ou a Marco Toulouse de faire un séjour prolongé a Zagreb ou sur la côte : leur nuque n'y résisterai pas a force de contorsions.
Mais au final, et en dépit d'une étonnante absence de vulgarité outrancière (les Londoniennes vivent vraiment sur une autre planète pour ça), il y a une fâcheuse tendance à la standardisation de la gent féminine qui est franchement agaçante à la longue. Vive la diversité Mesdames ! Et à trop vouloir vous ressembler, les unes en deviennent banales, les autres franchement ridicules. Sans compter que tous ces mannequins-dry, ça fait inaccessible et c'est franchement débandant.

Autre point marquant et qui est en lien direct avec la diversité : croiser une personnes "de couleur" est infiniment plus rare que de rencontrer une nonne (qui sont particulièrement nombreuses, elle se remarquent a leur sandales pas tendance du tout).
Durant ce séjour ou j'ai quand même traversé de grandes villes, et en dehors des flots de touristes, je n'ai vu qu'un noir et quelques roms (toujours affairés a récupérer ce qui peut l'être sur les trottoirs de Zagreb où la coutume semble vouloir qu'on y vide son grenier quand bon vous semble).
Inutile de dire que je ne suis pas capable de différencier un Croate d'un Serbe, mais si j'ai bien compris ces derniers ne sont pas du tout en odeur de sainteté, mais ça peut se comprendre.
Donc ici, les soucis d'intégration ne devraient pas se poser, mais manifestement, une partie du pays répond de plus en plus aux sirènes du nationalisme. Ici ou là, on peut croiser des tags dont les croix gammées ne laissent guère de doute quand au sens du message.
Tiens, au moment où j'écris ces lignes, mon second noir vient de rentrer dans le cybercafé. J'hésite à aller le féliciter...
Tout ça pour dire que ça manque aussi un peu de couleur et de mélange tout ça...
Et pourtant. Comment expliquer que je trouve les gens particulièrement avenants, ouverts, chaleureux, détendus comme un marseillais n'oserait pas (enfin pas pareil disons).
D'ailleurs la géographie du pays est à elle seule un métissage : montagnes, plaines, cotes, îles... L'histoire n'est aussi que mélanges, confrontations, cohabitations : c'est hallucinant le nombre de peuples qui ont défilés ici. Et quand je dis défiler, ils cherchaient plutôt à s'y installer, ce qui donne un nombre incalculable de guerres, de sièges, d'occupations, de massacres, de traités, de libérations... Tout ça enfante de villes aux remparts magnifiques, d’une cuisine ou on sait faire de meilleures pizzas qu'en Italie, d’une culture qui ne s'est pas écrite d'un seul trait, mais avec une multitude de plumes et de langues.
Donc, je suis sûr de ne rien avoir compris aux Croate, mais je leur trouve un charme fou et une profondeur qu'ont les peuples tourmentés.
C'était le chapitre : "hier des photos, aujourd'hui du blabla..."
Bon, j'avais aussi envie de vous entretenir sur le plaisir de voyager seul, sur les réflexions que m'ont inspiré mon livre de voyage, mais ce sera pour demain... Ce soir c'est club de Jazz.
Ci-dessous, on croise encore des maisons sinistrées par la dernière guerre, principalement le long de la frontière Bosniaque.

La, c'est un exemple des tas de débarras qui parsèment les trottoirs de Zagreb, tas jalousement gardés par les roms. C'est aussi une photo jeu : "trouvez Pierrot".
