28 février 2010 // Istanbul en hiver
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Pour ceux qui ne veulent pas lire, deux albums à feuilleter :
- Istanbul en hiver
- Vapurs
Dernière chronique stanbouliote. Et toujours pas d'ébauche d'explication sur le paradoxe soulevé dans mon premier billet de voyage :
Istanbul capitale Européenne de la culture ?
A vrai dire il était bien prétentieux de promettre un telle analyse, qui plus est sur un si court séjour. La seule réponse à peu près valable peut se lire en filigrane des photos : Istanbul est un monde entre les mondes.
Capitale assurément, même si administrativement ce n'est pas le cas.
Culturelle sans aucun doute : l'art y est omniprésent, depuis les innombrables vestiges d'un passé millénaire jusqu'aux galeries d'art contemporain qui fleurissent dans les quartiers branchés. Il se dégage d'ailleurs une vitalité culturelle propre aux sociétés où créer c'est résister, c'est exister. Même si se consacrer à son art y semble beaucoup moins facile que chez nous...
Européenne, vaste débat.
Se promener dans les rues sans autre but que de flâner permet de mesurer la complexité de la question. Istanbul n'est en rien représentative de l'ensemble de la Turquie. Mais elle en est tout de même le poumon économique et le cœur politique et donne à ce titre un partie du tempo à l'ensemble du pays, du moins sur le plan international. Magasins, mode vestimentaire, services et rythme de vie : tout est occidental et foncièrement européen.
Le citadin français n'est en rien perdu et trouve ses marques avec une facilité déconcertante pour peu qu'il soit habitués aux grandes métropoles. Au musée, il constate d'ailleurs que son pays a eu jusque très récemment une influence majeure sur la culture Turque : références à nos poètes et écrivains, courants picturaux qui se sont épanouis à Paris, artistes hexagonaux mis à l'honneur dans les collections permanentes.
Pourtant à chaque coin de rue, à chaque expression, à chaque vibration dans le flot urbain se joue une note singulière. Enfin une note, disons plutôt une musique à part entière dont la mélodie puise sa source loin avant et continue chaque jour à s'élaborer, toujours plus complexe et riche de nouvelles modalités. Asiatique dans sa subtilité et ses langueurs, ottomane dans sa vitalité et son rythme, byzantine malgré elle dans une forme de spiritualité et d'ouverture.
En somme je n'ai pas compris Istanbul. Mais l'avoir rencontrée en hiver, sans le vernis du tourisme de masse, m'a confirmé que la perception que j'en ai depuis Toulouse est bien trop déformé par le prisme des préjugés historiques, des manipulation politiciennes (Sarkozy verse là aussi dans la plus sombre démagogie) et de mon inculture personnelle.
Un peu triste de constater qu'en dépit de nos modernes et omniprésents moyens « d'échanges » on puisse encore autant se méconnaitre entre pays si profondément ancrés dans l'histoire d'un même continent.
Mais heureux d'avoir pu franchir le Bosphore de nos cultures...
Voir les albums photos du jour :
- Istanbul en hiver
- Vapurs
LFPS @ 2010-03-05 09:22:40