<< prédédente | dernière image postée | suivante >>
13 mars 2010 // Que serais-je sans lui ?
13 mars 2010 // Que serais-je sans lui ? »

Le son des voyages de mon enfance. La voix qui accompagnait les longues heures d'auto vers la Corrèze. J'étais pas bien grand, je ne comprenais pas les paroles mais je les interprétais à ma façon. Malade en voiture, j'aimais être apaisé par ce timbre grave et chaud repris en cœur par mon père au volant. Les mots chantés distinctement, avec force mais sans violence, avec passion mais sans haine.
Ces textes qui parlaient souvent d'amour, de combats politiques, de montagne ou des grandes luttes, je les ai su bien avant de les saisir.

Ce n'est que plus tard que, les fredonnant à mes premiers amours, j'ai compris à quel point « C'est si peu dire que je t'aime » ou « Que serais-je sans toi ? » « Nous dormirons ensemble » étaient les œuvres d'un immense poète portées par un interprète qui savait ce qu'il chantait. Et faute d'être un super plan drague auprès des jeunes ados, cela me conférait l'apparence d'une certaine profondeur romantique.

A la même époque, jeune militant fougueux, j'ai aussi saisi la force d'engagement et d'insoumission de « Potemkine », « Le sabre et le goupillon », « Le bruit des bottes », « Berceuse pour un petit loupiot »... Des textes qui sonnent toujours plus justes, comme quoi nos politiciens ont à cœur de pérenniser de si justes paroles.

Et puis la vie. « Au bout de mon âge », « Ma Môme ». Les écouter c'est à coup sûr larmes et soupirs tant il est vrai que je me laisse émouvoir par la musique quand elle rend le quotidien sublime, quand elle parle de ce que nous sommes avec des mots qui nous rendent beaux.

« Les nomades » c'est papa. Il aimait ce morceau pour, je suppose, sa liberté et sa tolérance. Je me souviens aussi quand il essayait vaillamment de m'expliquer, généralement en plein embouteillage vers Pierre-Buffière, les paroles de « Le Fantôme ». Et je le revois rire sur « Jeunes », chanson brocardant les supporters de Giscard qu'on pourrait parfaitement transposer aux jeunesses UMP de notre belle époque.
Et puis j'ai toujours imaginé mes parents s'aimer en écoutant « Deux enfants au soleil ». A vrai dire j'ai bien vu leurs yeux briller quand on arrivait à ce titre...

Aujourd'hui le voyage s'est arrêté pour Jean Ferrat. Il m'accompagnera pourtant encore très longtemps...

Découvrez la playlist Jean Ferrat avec Jean Ferrat

Commentaires : ( 1)

  • Gorge serrée.
    Moi hier soir, c'est plein de souvenirs d'enfance qui sont remontés.
    Comme quoi l'enfance, c'est compliqué...
    Et Ferrat, c'est des bribes de paroles qui me reviennent souvent, entêtantes, sur de belles journées... "Pourtant, que la montagne est belle, comment peux-t-on imaginer, en voyant un vol d'hirondelles, que l'automne vient d'arriver..."
    Bises mon Pierre, see yoo soon, very soon.
    LFPS @ 2010-03-14 09:40:54


Ajouter un commentaire

 Message:
 

            Nom:
 

            URL:
 

            Se souvenir de moi

           

Images précédentes:
08 février 2010 // Foules sentimentales ?21 février 2010 // Des visages et des hommes (et des femmes)25 février 2010 // L'enfance de l'art28 février 2010 // Istanbul en hiver13 mars 2010 // Que serais-je sans lui ?







Les créations de ce site sont mises à disposition sous un contrat Creative Commons.



RESF

Reporters sans frontières

Photoblogs.org
View My Profile