Perle d’eau sur écrin aquatique. Rien de plus pur ni de plus délicat. Rien de plus puissant ni de plus entier. Notre monde de cailloux s’est drapé d’eau, sans doute pour permettre la vie. Sûrement pour rappeler que le vivant n’est que fluidité. Et que tout ce qui s’y oppose est vaine obstruction.
Ainsi du temps qui s’écoule. Substance impalpable, inexorable que seuls les fous rêvent de juguler, de canaliser, d’endiguer. Et nous sommes de plus en plus de fous à nous laisser déborder par ce filet imperturbable. Mieux vaudrait se laisser porter par ce flux indolent. S’y opposer, c’est risquer tà´t ou tard un inéluctable raz-de-marée.
Ainsi du mouvement qui nous anime. Jetez une Pierre du haut d’une falaise. Si vous y prêtez attention, la courbe de sa trajectoire n’est autre que fluidité. Il n’y a guère que le corps humain pour se couper de l’harmonie qui rend vivable le déplacement. C’est ce qu’ont compris les danseurs, fous de cette rondeur malmenée. Les explosions, fracas, arrêtes aigues ont leur place dans cette quête de la bulle originelle. Rien qui ne soit lié à l’eau, à son lent travail d’érosion, de condensation, de pression, de gelifraction...
Finalement, regarder la pluie tomber, c’est fondamental.