23 octobre 2009 // Des visages, des vies...
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Petit matin, je file sur mon vélo rouge. Rues étroites de Toulouse, trottoirs encombrés. Voitures impatientes qui cherchent à dépasser. Piétons qui se serrent.
Tellement de gens. Chaque tour de roue, une rencontre, un évitement à vrai dire.
Trop de gens. Comment ne pas voir une même silhouette qui se répète sur des tons, des tailles, des attitudes à peine différents. Quelques modèles déclinés sur de faibles variations : l'ado grunge, la bimbo du matin, le cadre pressé, le paumé cool, le trentenaire passe partout (généralement avec un bouc)... Lutter contre cette impression de déjà vu. Sous peine de me noyer dans cette banalité du quotidien. Au risque de me diluer.
Derrière les armures enfilées avant le boulot, endossées par manque de curiosité ou platement revendiquées, il y a des singularités, des aspérités, des passions, des fêlures. Léonard Cohen chante (à quelques chose près) qu'il y a en nous une fissure par laquelle entre la lumière. Le poète a raison : ce sont nos fragilités qui nous rendent nous. Oui mais voilà, de nos jours la faiblesse c'est au mieux un handicap, au pire un mal qu'il faut à tout prix cacher. Lisses jusque dans nos imperfections...
Je continue à pédaler. Une belle femme à la nuque dégagée. Je la regarde et manque de tomber. Un homme s'amuse de la scène. Une minute avant son visage était fermé. Je lui rend son sourire. Deux lycéennes se demandent pourquoi je souris aux anges. Elles aiment bien les trentenaires mal rasés, je me remets en route gonflé d'orgueil, l'air de rien. Debout sur mes pédales je gêne une automobiliste qui écoute fenêtres ouvertes... Léonard Cohen. Je m'excuse de la main, elle me fait signe de passer, protégeant mon redémarrage toujours hasardeux. Au feu un papy au dos convexe prend garde à bien faire traverser son chien. Sur ses talons deux petit blacks jouent à distraire le cabot. Le vieux s'arrête en plein passage piéton et donne la laisse à un des deux mioches qui n'en mène plus large, trop fier de cette responsabilité inattendue. Je vire à gauche.
Des visages, des vies...
Bises
Sergio
sergio84 @ 2009-10-24 21:35:39
Très belle photo.
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"de nos jours la faiblesse c'est au mieux un handicap, au pire un mal qu'il faut à tout prix cacher. Lisses jusque dans nos imperfections... "
Tu l'as dit.
Audrey. @ 2009-10-25 23:41:53
L Attick @ 2009-10-26 16:45:16