22 novembre 2009 // 500 bon ici !
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Comment ne pas commencer son 500ème billet par « 500 déjà » ? Une semaine au bas mot que j'y pense, que je me triture les cheveux, que j'élabore la meilleure façon de célébrer la performance.
Je vous épargne les circonvolutions, vous échapperez ainsi à la suite de jeux de mots qui ne font pas forcément mon charme : les cinq sens uniques, une musique de Camille Saint-Saëns, le quintal de journal...
Vous n'aurez pas non plus le droit à une rétrospective émue sur tous ces textes publiés, sur ces rencontres autour de mes émotions partagées, sur ce qu'écrire et photographier au rythme d'un journal m'ont donné d'envies d'aller voir plus loin dans ces terres d'expression...
Ce ne sera pas plus la complainte de l'écrivain vain, du photographe aveugle qui songe à saborder son espace lentement construit (6 ans !) au moment où celui-ci atteint une forme de maturité et de plénitude...
Alors quoi ? C'est en fait VOUS qui allez me le dire en répondant à mon invitation ci-dessous. Après tout, voilà un bout de temps que c'est moi qui parle et vous qui lisez, alors chacun son tour... Et puis pour ne pas me défiler, je vais m'y coller aussi...
Juste avant, un petit hommage modeste à
la Kriss qui a mis les ondes en deuil. Quelle fierté j'aurais eu à savoir un de mes billets parcouru par son regard bleu, lu et forcément commenté par sa voix mutine... Merci belle femme.
Je reviens donc à ma proposition qui vous concerne : poursuivez cette simple phrase
« Quand j'avais 500 ans, je me souviens très bien... ».
A vous la parole.
Puis mes amis m'ont invité le soir de mon anniversaire. Première sortie sous l'œil attentif de mon petit frère chargé de me chaperonner. Nous avons donc goûté, j'ai mis mes souliers à skratch, pris ma canne fluo, fait la bise à maman, empoché la monnaie que papa avait préparé. C'était juste l'été. Je me sentais bien, euphorique, même si mon grand corps moulu avait du mal à partager cet enthousiasme. 500 ans, première ivresse et cette journée qui n'en finissait pas de s'étirer en lumières, juste un peu ternies par ma vue déjà faible à l'époque.
C'est alors que j'ai saisi l'importance de ne pas précipiter la nuit. Juste la laisser venir à son rythme, le temps que le jour aie finit de couler le long de mes joues.
A 500 ans je crois bien que j'ai commencé à vivre...
Pierre Mestre @ 2009-11-22 22:59:45
Blasé, moi? Non. Mais je me souviens qu'à 100 ans, je me demandais : "Combien de temps? Combien de temps me reste-t-il?" comme Serge Reggiani, le coeur plein de regrets. Et le compte à rebours de cette pendule d'argent qui m'attendait m'avait poussé à vivre tant de choses que, alors qu'elle s'était arrêtée et que j'étais toujours là, je ne trouvais plus de plaisir à chercher ces instants de bonheur.
Je continue pourtant à voyager, par habitude.
Mais aujourd'hui, même à Milan, je comprends que la vie n'a de saveur que lorsqu'elle a une fin.
Jaiznac @ 2009-11-23 13:04:18
Véronique Acerbis @ tout simplement
véro ACERBIS @ 2009-11-23 22:49:18
Marcel sans son orchestre @ 2009-11-24 22:42:06
Cozette @ 2009-11-25 11:01:32
Virginie @ 2009-11-25 21:04:22
Mathilde @ 2009-11-26 00:39:23
Qu’il faisait beau, qu’il faisait froid.
Que je l’aimais et que je ne le savais toujours pas.
Quand j’avais 400 ans, oui, je me souviens vaguement.
Quand j’avais 300 ans, là, je ne m’en souviens pas.
Quand j’avais 200 ans, non, je ne me souviens de rien.
Quand j’avais 100 ans… plus du tout.
Quand je ne les avais pas…. je me souviens très bien !
Qu’il faisait beau, qu’il faisait froid,
Que je l’aimais et que je ne le savais pas encore.
Je me souviens aussi, que le temps est changeant !
Que j’aime chaque jour, sans jamais savoir qui… et pourtant je l’aime.
Virginie @ 2009-11-26 08:11:27
500 ans déjà, pour moi encore hier...
LAttick @ 2009-11-26 14:23:01
Je dormais déjà depuis 1000 ans, quand un jeune Prince s’est aventuré dans cette forêt et a déposé un baiser sur mes lèvres...
Mercure @ 2009-11-27 08:27:52
Je pensais que le temps ne m'était pas compté.
Je croyais.
J'y croyais...
Quand j'avais 500 ans, je me souviens très bien...
Les couleurs de mes jours se diluaient en pastel et sanguine.
Quand j'avais 500 ans, je me souviens très bien...
Mon corps n'en avait pas assez non, jamais assez.
Quand javais 500 ans je me souviens très bien...
De ceux qui avaient mille ans déjà.
Mille ans.
Quand j'avais 500 ans, oh oui, je me souviens...
Les couleurs de mes jours se diluaient en or, feu, et fauve.
Quand j'avais 500 ans c'est sûr je croyais
Que 10 000 ans n'y suffiraient pas.
Quand j'avais 500 ans, je me souviens très bien...
Ou alors j'ai oublié.
J'ai peut-être oublié...
****************
Quand j'avais 500 ans...
Vous faisiez toujours partie de ma vie...
****************
Aujourd'hui j'ai 100 000 ans.
Non, je n'ai pas tout oublié.
****************
La fille pas sage @ 2009-11-29 18:55:57
J'ai aimé ça,
mais moins
que
d'être une femme.
N., fille de Tiresias @ 2009-12-03 22:15:03
Il faisait bien ça, "l'amour", Barbe bleu... D'ailleurs toutes ses autres femmes vous le diront!
Aujourd'hui ... Barbe bleu aimerait bien qu'on recommence!
LAtt. @ 2009-12-04 11:17:03
Il y a 400 ans j'érais un oiseau. Je m'envoyais en l'air dans une bonne atmosphère.
Il y a 300 ans j'étais un soleil. Je faisais le roi là haut dans le ciel.
Il y a 200 ans j'étais une brise. Je virevoltais avec gourmandise.
Il y a 100 ans j'étais un écureil. Je commencais mes réserves pour les jours à venir.
Et aujourd'hui je suis une Fleur. Je vis dans un monde où les gens s'ignorent...
A il y a 500 ans, je regrette tellement...
Petite Fleur @ 2009-12-05 15:24:16
Je ruisselais déjà depuis 500 fois sur cette même lame aux arêtes vives.
Il fallais faire vite pour rejoindre la rigole : au contact de la pierre brulante, je laissais toujours un peu de moi-même en vapeur grésillante. Puis, ce qui restait de mon essence poursuivait le voyage, de filets sinueux en rubans bondissants, de gerbes écumantes en surfaces mouvantes, de chemins torturés en bras multiples. Jusqu'à la Grande Matrice.
Bercée. Tant et tant bercée...
Jusqu'au retour à l'origine, alors écartelé, disloquée, divisée, démultipliée... Tout à recommencer.
Quand j'avais 500 ans, je me souviens très bien de l'infini du Monde.
Aujourd'hui, je repose, oubliée, au chaud de la Terre, enchâssée dans un calice de cristal, moi, la première goutte d'Eau de l'univers, moi, la dernière perle de vie d'un monde aujourd'hui désertique et anéanti.
agnèsb. @ 2009-12-06 20:36:48
Séverine B. @ 2009-12-09 03:49:13
J'ai alors découvert de belles odes musicales, de très très belles images et des mots souvent touchant, parfois drôle...
et ce soir là alors que je cherchais désespérement un moyen de me retrouver, sans m'effondrer, de trouver une ouverture sans m'enfuir, de me poser sans tomber, j'ai trouvé ... mon émotion à l'état pur.
merci Pierre!
Lima @ 2010-06-08 21:34:18